Une doctrine écrite à la lumière du soleil
Mount Targon n’appartient entièrement à aucun ordre, mais les Solari en ont revendiqué la face la plus visible. Leur doctrine fait du soleil la source de l’ordre lui-même, présente la lumière comme une force morale et non simplement naturelle, et considère tout ce qui est associé à la lune comme une corruption à tenir à l’écart : ses fidèles, ses symboles et ses anciennes prétentions sur la montagne.
Leona, l’Aube radieuse, se lit presque comme la doctrine de l’ordre incarnée, une armure et un dessein entièrement bâtis autour de la radiance solaire, se dressant comme un bouclier contre tout ce que les ténèbres tentent de reprendre plus haut sur les pentes.
Ce que le ban coûte
Une foi bâtie sur l’exclusion de la moitié du ciel finit inévitablement par faire des victimes, et les champions de Targon montrent ce que cette exclusion produit. Diana, le Mépris de la Lune, existe précisément parce que le ban des Solari ne lui laissait aucune place, un titre qui se lit comme une réprimande directe de la doctrine centrale de l’ordre plutôt que comme une coïncidence de nom. Pantheon, la Lance invincible, et Taric, le Bouclier de Valoran, portent tous deux le poids cosmique de la montagne au combat sans avoir besoin de la sanction des Solari pour le faire, un rappel que le pouvoir de Targon n’a jamais été le leur à accorder. Même Aurelion Sol, le Forgeur d’étoiles, et Zoe, l’Aspect du Crépuscule, répondent à une échelle d’autorité cosmique que les Solari peuvent vénérer mais jamais entièrement contenir ni s’attribuer.
La certitude de l’ordre concernant la lumière et l’ordre est, en ce sens, à la fois sa plus grande force et son angle mort le plus étroit : une doctrine assez assurée pour bâtir toute une foi autour d’elle, mais assez rigide pour fabriquer sa propre opposition en insistant simplement sur le fait que la moitié du ciel ne compte pas. À chaque génération où les Solari tiennent la montagne, cette même insistance donne à la moitié exclue une raison de persévérer, et l’histoire de Targon n’a pas encore épuisé ses propres raisons.